Anouar Trabelsi

La haine est un acide qui érode plus l’étui dans lequel il est que l’objet sur lequel on est censé le jeter.

Archive pour juillet, 2011

Nous sommes enfin Citoyens

Posté : 26 juillet, 2011 @ 3:11 dans La Révolution de la dignité | Pas de commentaires »

Le 14 janvier 2011, j’y étais. Je suis là sur l’Avenue Bourguiba, qui pour une fois depuis fort longtemps porte bien son nom. Celui du libérateur et batisseur de la Tunisie moderne. Par moment j’ai cru que c’était un rêve ou que j’ai eu un AVC surtout quand j’ai parlé à une fan de Assy Rahabani qui m’a demandé : »mais t’es avec qui toi, Trabelsi ?! » ; j’ai répondu en souriant : « comme toi, je suis avec Fayrouz et Assy ». J’ai croisé nombre de mes anciens étudiant-e-s devant le « Ministère de la terreur » comme il a été rebaptisé. Délirant ou presque, j’ai chassé une bouteille de Coka pour qu’elle n’apparaisse pas dans un cliché de photgraphe et j’ai incité des integristes à retenir leurs slogans et s’en tenir à un discours concensuel : Y a-t- il mieux que l’Hymne national avec les mots de Chebbi dedans… J’ai fait le Prof. dans la rue… !

Le 14 j’y étais, le 23 j’y serai

Posté : 25 juillet, 2011 @ 12:33 dans Bloguer pour l'inscription aux listes | Pas de commentaires »

Je suis mécontent. Dès fois je me dis « rien n’a changé » comme tant d’autres… J’ai pris le risque un certain 14 janvier 2011 d’aller voir ce qui se passe à l’avenue Bourguiba et dire haut et fort qu’il n’y a aucune raison de faire confiance en Ben Ali et qu’il n’a pas tenu ses promesses auparavant et qu’il nous roulera dans la farine à nouveau… On n’a que trop longtemps accepté de jouer le jeu. La pièce est finie. Rideau.  J’espérais – naïvement comme d’habitude – le voir annoncer sa démission et lancer des élections anticipées. Il n’en était rien, il s’agrippait. Moi, j’étais téméraire… ce jour-là une petite voix dans ma tête m’a dit « koun rajel, vazy » J’ai laissé les consignes à ma nièce pour rester à côté de ma femme, étrangère, je lui ai indiqué la place de mes documents importants écrits en arabe… On sait jamais. Isabelle ne m’a pas retenu, au contraire. Fière de me voir participer à la prise de conscience sur le terrain après des nuits blanches passées sur internet… Pourtant, Elyes et Zakaria n’ont respectivement que deux ans et demi et un an et demi. Nous avions raison, Isabelle et moi ! Papa pourra plus tard dire à ses enfants : « J’y étais ». Eh, j’ai vaincu ma peur. J’ai garé ma voiture à El-Teatro comme d’habitude. J’ai marché direction l’Avenue Bourguiba à pieds, comme d’habitude. Mais ce jour-là, je regardais le long de la route entre Bab Khadra et l’Avenue Bourguiba s’il y avait un sniper sur un toit… Je me méfiais des jeunes qui passaient… et des voitures de flics énervés. Mais je marchais comme un soldat direction  L’Avenue. Je pensais retrouver d’autres allumé-e-s  à la place Mohammed Ali… il y avait deux flics devant la synagogue et Ahmad Najib Chebbi, chemise blanche et cravate rouge, regardant du balcon du siège du PDP… un Monsieur m’a dit qu’il y a un sit’in devant la Dakhilia. J’ai lancé au secrétaire du PDP « viens rejoindre la foule… » et je n’ai pas attendu sa réaction, les deux flics, eux, ont souri. J’ai continué mon chemin. Devant l’hôtel, de l’autre côté du théâtre municipal, deux monsieurs s’agitent, hésitent ou se concertent, l’un d’entre eux est le journaliste Zied Héni, je le connais vaguement… Je lui demande si le sit’in plus loin était pour demander la démission de Ben Ali ou pour le soutenir ? Il m’a répondu « C’est pour qu’il s’en aille ». J’ai dit : « Voilà ! » et je n’ai pas attendu la fin de leur concertation… Ils étaient quelques mètres derrière moi. On s’est retrouvé plus tard devant le siège de la Dakhilia scandant les mêmes slogans et Zied, sur les épaules, brandissait sa carte de presse. Une charmante demoiselle, portait un pancarte où elle honore les martyrs de 2008 et ceux de 2011 ! J’ai capté ces deux portraits en me disant que plus rien ne sera comme avant… 

Le visage de la révolution

Quelques mois plus tard, le jeu politicien a repris le dessus, les tacticiens l’ont emporté sur les stratèges – comme d’habitude – et la vieille garde des familles qui pillaient « proprement » et plus « discrètement » que les Trabelsi continuent à sévir ; la police et d’autres forces de la terreur n’ont rien changé à leur mœurs ; la presse jadis aux ordres se remet à  lécher les bottes (sans ordres paraît-il) ; la justisse traine ; les réformistes veulent noyer la révolution et cherchent à nouveau à faire le plaidoyer de la moitié pleine du verre… Des criminels brûlent des forêts, d’autres criminels attaquent des commissariats. Que faire ? Je n’aime pas les intégristes et leur intimidation, je n’aime pas BCS et son arrogance, je n’aime pas les calculs politiques de gauche comme de droite, ni ceux des éclairés modernistes (censés me représenter) ni ceux des rétro. Que faire ? Je veux croire à cette « révolution » ? Je veux voir plus d’équité et de justice, je veux voir le pouvoir quitter les régions côtières et les richesses également partagées… Je ne sais toujours pas qui pourra me représenter à la Constituante. Ceci étant, mon seul Salut, c’est de m’inscrire et aller voter. Je suis enfin citoyen. J’en jouis. Je dirai dans quelques années à mes bébés : « le 14 janvier, j’y étais et le 23 octobre aussi ». Notre seul Salut : s’inscrire et voter./

Anouar Trabelsi, le 25 juillet 2011, fête  de la République, enfin !

 

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